
International
Medieval Society, Paris • Société Internationale des Médiévistes,
Paris
Symposium
2010 - Traditio
Abstract
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Projeter le décor du sanctuaire en façade : bilan et réflexion sur une translation iconographique à l’époque romane
Nathalie Le Luel, GAHOM (EHESS, Paris) et GRIHF (Université catholique de l’Ouest, Angers)
André Grabar et, quelques années plus tard, Yves Christe ont développé, dans leurs travaux respectifs, l’idée d’une transposition du décor iconographique de l’abside de l’église vers l’extérieur de l’édifice. Plus récemment, les thèses de Marcello Angheben et surtout de Caroline Roux ont mis en avant l’argument d’une répétition des seuils dans l’espace ecclésial s’appuyant sur l’idée d’une assimilation par translation entre le portail et l’abside.
Cependant, cette question n’a jusqu’à aujourd’hui fait l’objet d’aucune étude spécifique. Ainsi, nous proposons, dans cette communication, de faire un bilan de cette idée en concentrant notre observation sur l’époque romane, période au cours de laquelle le décor monumental conquiert la façade de l’église. Néanmoins, sera pris en compte l’héritage paléochrétien ayant pu influencer la mise en place de ces grands programmes iconographiques romans, notamment à travers le spectre de la façade disparue de la première basilique Saint-Pierre de Rome.
La communication se propose également d’approfondir la réflexion autour de cette translation iconographique. En effet, si elle peut s’observer sous la forme d’une classique projection théophanique en façade, elle peut aussi apparaître de manière plus subtile sous une forme symbolique non décelable au premier regard. L’étude du portail Saint-Ursin de Bourges montre comment cette translation du décor de l’abside vers la façade peut aller jusqu’à une projection symbolique de l’espace sacré de l’autel sur le tympan à travers l’image du mois de juillet. Se crée ainsi un jeu d’échos iconographiques entre le sanctuaire et l’entrée de l’église. Si nous essaierons de les identifier par des exemples essentiellement français, nous chercherons aussi à montrer comment cette translation iconographique participe à l’invitation faite au fidèle d’entrer dans l’édifice ecclésial pour emprunter le parcours liturgique et spirituel qui le mènera vers l’autel.
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