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Symposium
2009 - Space/l'Espace |
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Le géographe arabe al-Idrîsî, qui travailla à la cour normande de Sicile, nous a laissé deux ouvrages de géographie universelle, le Nuzhat al-mushtâq aussi appelé « Livre de Roger » et un résumé de celui-ci, augmenté par endroit de nouvelles informations, le Uns al-muhadj. Les deux ouvrages sont constitués d’un texte accompagné d’un corpus de cartes, mais le Nuzhat est plus descriptif que le Uns, qui se limite à des itinéraires. Dans le premier, le territoire actuel de la France (réparti en quatre chapitres en vertu du découpage mathématique) est perçu comme une succession de villes d’où rayonnent une série de routes, sans que nous ayons droit à de véritables itinéraires. Sont données les directions cardinales et les distances (en milles ou en jours). L’espace est parcellisé et se ponctue régulièrement de cités, avant tout centres commerciaux. Les accidents géographiques se limitent aux Pyrénées, aux Alpes et à cinq rivières dont trois nommément désignées (Rhones, Seine, Rhin). La géographie politique est moins rigoureuse par rapport à la réalité historique : les régions ne sont pas circonscrites mais juxtaposées. La carte rend cette situation mais de manière approximative. Si al-Idrîsî est souvent fidèle au legs ptoléméen pour le tracé des côtes sur sa carte, il donne ici à la péninsule armoricaine des proportions exagérées. En plus des chaînes de montagnes déjà évoquées, d’autres monts sont dessinés arbitrairement. Le texte du Uns réduit la matière géographique à une suite d’itinéraires, dont plusieurs sont clairement désignés comme tels (« Route de...à ... ») alors que la carte ne donne qu’une représentation simplifiée, voire déformée. La toponymie des deux ouvrages est identique (abstraction faite des erreurs et déformations des copistes) et témoigne de l’usage vernaculaire roman du XIIe siècle et non des appellations latines. La France est perçue par al-Idrîsî comme un pays de villes entre lesquelles on voyage. |
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