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Symposium 2008 Abstracts |
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Le sang, aporie de la senefiance ou support d’une esthétique de la cruauté dans les Hauts Livres du Graal? Dans les machines du sens mises en place, au début du XIIIe siècle, par les proses du Graal, le sang reste souvent en deçà du discours de senefiance et fonctionne comme un contre point au sens. Présent à la fois dans le récit de l’événement et dans son interprétation, il traverse le dispositif et finit par échapper au commentaire. Ailleurs, la cruauté atteint des degrés paroxystiques sans cesser de passer pour normale et sans recevoir la moindre explication. Marqué du sceau de l’évidence et de la transparence, le sang court, dès lors, le risque de l’insignifiance. Dans les deux cas, toutefois, une rhétorique énergique s’applique à le replacer sans cesse devant les yeux du lecteur et à suggérer, ainsi, l’hypothèse d’un autre régime de signification. Pourtant, lorsque le sang inonde l’espace romanesque — dans l’Estoire del Saint Graal ou dans le Perlesvaus —, la critique reste quelque peu désorientée et avance prudemment l’idée d’une écriture « sauvage », « barbare » ou même « baroque » pour désigner à la fois un défaut — elle serait moins aboutie que celle de la Queste del Saint Graal — et un excès — de cruauté, de violence, de magnétisme aussi. C’est dans cette brèche que notre étude se propose de reposer la question du sang. De fait, lorsqu’il vient recouvrir, comme un voile, la surface du texte — dans la grande scène eucharistique de l’Arche (Estoire) par exemple —, le sang fascine le regard et interroge la possibilité d’un fonctionnement iconique du texte. Dans le choc sensible, l’image déborde le discours explicatif, toujours insuffisant, et ouvre une place à la représentation du sacré ou, tout au moins, à sa manifestation. Elle appelle, en cela, une étude qui croise esthétique et théologie, et qui, à l’aube d’une époque où l’on verra s’épanouir les représentations du Christ les plus sanglantes, s’interroge sur les conditions de possibilité d’un surnaturel visible. C’est dans ce cadre, que l’on essayera de définir une esthétique qui, entre Grâce et Charité, serait caractéristique, à des degrés divers, des Hauts Livres du Graal. |
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