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Symposium 2007 Abstracts |
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Mémoire étiologique et mouvance dans le Roman de Tristan en prose Cette communication est le fruit d'un projet de recherches plus important, sur les traditions narratives médiévales qui, au fur et à mesure de leur transmission diachronique, acquièrent ce que je me propose d'appeler une «mémoire étiologique». Ainsi en est-il de la réécriture en prose, vers 1230, du Roman de Tristan, dont l'accueil chaleureux du public à travers le Moyen Age finissant est attesté par une centaine de manuscrits. Au fil de la lecture de cette vaste oeuvre en prose, on découvre que la diégèse est variablement rythmée d'anecdotes, d'enchâssements biographiques, de métarécits autobiographiques, d'anamnèses et d'analepses, de pièces lyriques, etc., tandis que par endroits on reconnaît également de véritables «insertions narratives» – des segments empruntés à tel roman antécédent, comme le Lancelot en prose ou La queste del Saint Graal. D'où, effectivement, une augmentation considérable de la matière tristanienne par rapport à son stade antécédent au 12e siècle, représenté pour la plupart par des fragments en vers qui ne ramènent l'histoire des protagonistes guère au-delà de la génération qui les précède, à savoir celle des parents de Tristan et d'Yseut. Or, parmi tous les récits secondaires qui jâlonnent le parcours narratif du Roman de Tristan en prose, il sera question de ceux, nombreux, qui remontent bien plus loin dans le passé, et typiquement jusqu'à l'instance originaire d'une pratique ou à la fondation d'une institution. Ainsi se construit une proto-histoire légendaire d'une étendue et d'une densité temporelle tout à fait exceptionnelle parmi les traditions romanesques du Moyen Age. Il s'agit en somme d'étudier les propriétés narratives, les implications culturelles et le sens de cette élaboration – parfois monstrueuse – d'une «mémoire étiologique» dans le Roman de Tristan en prose. |
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