International Medieval Society, Paris
Société Internationale des Médiévistes, Paris

Symposium 2007 Abstracts



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Symposium Program

La mémoire dans la famille capétienne à la fin du XIIIe siècle. Autour de la mort de Pierre, comte d’Alençon (1283)

Xavier Hélary, Université de Paris IV-La Sorbonne

Pierre, comte d’Alençon, le cinquième fils de Saint Louis, mourut le 6 avril 1283, dans le sud de l’Italie, alors qu’il servait dans l’armée angevine dans la guerre des Vêpres Siciliennes. Les circonstances de sa mort sont éclairées par plusieurs chroniques : Saba Malaspina, Ramon Muntaner, quelques chroniques françaises contemporaines. Surtout, un court récit des derniers instants de Pierre a été consigné à la suite d’un psautier qui a sans doute appartenu à Marguerite de Bourgogne, deuxième épouse de Charles d’Anjou, roi de Sicile. Ce texte décrit « la forme et la maniere comment monseigneur le conte de Lençon reçut le cors Jeshu Crist la dereniere foiz » ; il est d’autant plus intéressant qu’il entre en résonance avec ce qu’on peut savoir, par son testament et les deux codicilles, de la spiritualité de Pierre d’Alençon. Par ailleurs, ce court récit précède, dans le manuscrit, deux autres textes, relatifs à la mort de Saint Louis : une version abrégée des Enseignements de Saint Louis à son fils ; la lettre envoyée à l’évêque de Tusculum par le roi de Navarre Thibaut, gendre de Saint Louis, quelques jours après la mort du roi, où est décrite l’agonie de ce dernier. La composition de ce dossier répond manifestement à la volonté de conserver la mémoire de la mort de Saint Louis et de son fils Pierre d’Alençon. Cette volonté est à mettre en rapport avec la mise en place, à partir des récits de la mort de Saint Louis, d’un modèle de la mort sainte dans la famille capétienne à la fin du XIIIe siècle. L’objectif de la communication est d’étudier ce dossier de trois textes en mettant l’accent sur la constitution d’une mémoire propre à la famille capétienne, à travers le souvenir de la mort pieuse de certains de ses membres.