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Symposium 2007 Abstracts |
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Le droit romain et la mémoire du passé dans le Digeste de Justinien enluminé À partir de la seconde moitié du XIIe siècle les manuscrits de droit abritent de nombreux dessins qui se rapportent aux lois exposées dans le texte. Faits par des copistes et des lecteurs, rarement par des enlumineurs, ils semblent constituer une trace importante des pratiques de la lecture exercées dans le milieu juridique. L'intérêt de ma communication portera sur deux aspects concernant la visualisation du texte dans un manuscrit du Digeste de Justinien (ms. 824, Bibliothèque de Kornik, Pologne), enluminé au XIIIe siècle en France par vingt-un initiales historiées et de nombreuses images marginales. Ces deux aspects correspondent aux deux perspectives desquelles on peut envisager le thème de la mémoire. D'une part, on est confronté à l'approche pragmatique de l'utilisateur vis à vis son outil de travail. Pour faciliter la consultation et la mémorisation du texte, il a fait introduire dans son manuscrit des images-notabilia visant à résumer le propos des lois et des images-allégations marquant les solutions juridiques analogiques grâce à la répétition des mêmes motifs picturaux. D'autre part, les illustrations tentent à reprendre une fonction commentatrice des gloses et dévoilent une stratégie de choix des questions représentées. Elles apparaissent en tant que pont entre le temps 'présent' du lecteur et le 'passé' du texte compilé sous Justinien. Cette médiation se produit par l'actualisation visuelle (la citation des gestes, des attributs ou des rituels médiévaux pour évoquer les pratiques romaines, etc.), mais aussi par le choix des lois illustrées qui dans la plupart des cas correspondent aux règles conformes à la législation coutumière. Le programme iconographique rencontre ici les principes des traductions des textes juridiques romains en français entreprises au XIIIe siècle et des certaines compilations des coutumes (Livre de Jostice et de Plet, par exemple). Le fait d'actualiser le droit lui attribue une valeur de la norme toujours en vigueur, mais la mémoire du lecteur est sélective, le passé juridique romain n'est pas admis dans son ensemble. Il est toujours regardé de la position qui l'assimile au présent ou qui le représente. |
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