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Symposium 2006 Abstracts |
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"L’iconographie du fou dans l’art français du XIIIe-XVe siècle"
Karina Pronitcheva, State University of Saint Petersburg Un des personnages principaux de la société médiévale qui reste toujours à la marge de cette société : fol, sot, hors de sens, forcené, enragé, dervé, marvoié.... c’est un homme sauvage hors du temps, hors de la société, touché par une force surnaturelle : divine ou diabolique. C’est à la fin du XIIème-XIIIème siècle qu’on voit apparaître un modèle, stéréotype du fou dans la littérature et dans l’art français. La sanctification de la folie en France de cette époque-là est provoquée par la soi-disante « invasion mystique ». Les livres de Saint-Paul traitent le sujet de la folie « sacrée », de la folie du Christ même. Donc, on voit apparaître les « fous de Dieu » représentés d’une façon digne : l’image harmonieuse d’un fou qui est en train de parler avec Dieu (bréviaires, la lettre « D » du psaume 52 du Psautier). Au XIIIème siècle, le fou est au crâne rasé, dans les habits de couleur bleue foncée ; il a la vision divine (Psautier d’Amiens). Cependant, des artistes représentent un autre côté de la folie comme maladie démoniaque; l’iconographie comprend le fou avec la langue pendante, les gestes désordonnés et le petit démon laid au-dessus (vitraux de la cathédrale de Chartres). Vers la fin du XIIIème siècle et au XIVème siècle, le fou porte déja un chapeau avec des clochettes ce qui le rapproche des lépreux, d’autres « outsiders » de la France médiévale. Pourtant, le fou reste la source de la vérité suprême, il est souvent représenté comme juge (Decretales Gregorii papae VIIII, vers 1280). Au XVème siècle, tout en étant porte-parole du genre humain , le « fou de Dieu » se transforme en bouffon (Cité de Dieu d’Augustinuis, manuscrit de Mâcon de 1480). C’est la fin de l’époque des fous médiévaux remplacés dans peu de temps par des bouffons de cour, « fous » favoris des rois de France (Triboulet, Chicot). |
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